Oui je suis toujours en vie… Il faudra que je vous raconte, mais là je suis toute seule au bureau donc…
Tranche de vie et autres histoires
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Oui je suis toujours en vie… Il faudra que je vous raconte, mais là je suis toute seule au bureau donc…
Non ce soir, je ne ferai pas l’apologie des pommes, bien qu’elles aussi soient toutes à croquer. Mais plutôt des filles. Les fêtes de noël approchent à grands pas,
et ce soir, je me suis donc lancée à l’assaut des magasins. La caissière de chez Decitre, à croquer. La guichetière de la FNAC (2 places pour Vanessa Paradis à Paris s’il vous plait) à croquer.
La fille de l’arrêt de tram, à croquer. Ma coiffeuse… oui vous avez deviné, elle aussi, même si elle n’a pas pu me prendre ce soir pour une petite… coupe. Et puis il y a eu le coup de fil…
fatal.
Elle : « Salut chérie »
Moi : « Ca va ? »
Elle : « Mais put***, qu’est ce que tu as en ce moment ? »
Moi : « Ma secrétaire me prend le chou, ma mère aussi, et il faut qu’on parle de nous, de notre avenir, je n’en peux plus. »
Elle : « Ah ! »
Moi : « Oui je sais tes parents sont chez toi, mais il va bien falloir qu’on discute, je veux savoir où on va là ! »
Elle : « Ah ben d’accord, on va passer des vacances sous la neige assez euhhhh… »
Moi : « Ben oui, j’en peux plus là ! »
Sinon la fille dans la rue, à croquer… Ma secrétaire, à étouffer, ma boîte dite d’économie sociale, à jeter, mon big boss, à éjecter. Et Shane, à baiser (merde ce n’est pas la vie réelle ça !).
J’ai frappé. J’ai frappé toute ma rage, tout mon dégoût, tout le mal, tout mon mal dans un petit bout de liège affublé de plumes. J’ai frappé encore et encore. Jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à presque en pleurer, a en faire voler en éclats le cordage, à en tordre le manche. J’ai frappé si fort, que mes membres auraient pu se désarticuler, ils ont résisté. J’ai frappé à n’en plus sentir la douleur de mon bras, de mon cerveau. J’ai frappé face à mon partenaire de court, et il a joué le jeu. Pour faire fuir le mal, mon mal, j’ai frappé encore et encore.
On respire, on essaye d’effacer et on repart de plus belle. Je post du bureau, c’est déjà une avancée… Ce soir je jette toute ma rage sur un
volant de bad, et on en parle plus du moins pendant un temps. Haut les cœurs, y a plus dramatique dans la vie qu’une réunion qui se passe très mal. Allez zou, en voiture Simone, un café et
c’est parti pour la journée.
Aujourd’hui, impossible pour moi de bosser. Physiquement présente, mon cerveau, lui, était resté je ne sais trop où. J’ai les yeux comme le temps, humides. Retenir un sanglot toutes les 3 minutes. Sans raisons apparentes, ou si plutôt pour de multiples raisons, la pression au boulot que je supporte plus, ma relation que je remets sans cesse en question, les vieux souvenirs.
Des tonnes de mails tombent sur ma boite pro. J’ai envie de faire un copier/coller pour leur répondre à tous :
« J’en ai rien a foutre de vos problème, démmerdez-vous ! ». Je ne suis là pour personne, même pas pour moi ! Alors lâchez-moi.
Qu’est-ce qui peut bien se passer ? Je n’arrête pas de me dire que 30 ans c’est trop jeune pour se taper une
dépression, je ne fais que trébucher, il ne faut surtout pas que je tombe, je ne tomberai pas.
Mais toute cette pression, elle s’arrêtera quand ? Dites-moi que la SNCF va faire grève pendant mille ans et que je ne monterai plus en réunions… Dites-le moi.