Hier, on s’est de nouveau regardées. Pas une de nous deux n’a pris le dessus, humbles et tellement surprises de se retrouver. Un tout petit salut, tout bas, comme
pour se cacher du monde. J’aurai cru que nos retrouvailles seraient plus tendues, plus fracassantes. Mais non, juste un tout petit salut. J’en étais soulagée, et toi aussi.
Je me rappelle de notre première fois. Après la fête j’étais partie me coucher et tu es venue frapper à ma porte pour savoir si je voulais fumer une dernière
cigarette. Je t’ai répondu oui. On a discuté dans cette cuisine qui n’était ni le tienne, ni la mienne. Et de paroles en paroles t’en es venue à me demander si j’avais déjà embrassé une fille. Je
t’ai répondu non.
Mon cœur cognait fort. Tu m’as demandé si je voulais t’embrasser. Je n’ai rien répondu, et c’est toi qui m’as embrassé.
Puis il y a eu les disputes et la distance. Les mensonges et les pleures. Les fleurs et la rupture.
Hier soir, c’était bon de te revoir. Notre calme, notre émotion. On s’est de nouveau embrassées comme il y a 5 ans presque 6 maintenant. On a baisé comme tu aimais
le dire.
Hier soir je t’ai rêvé, mais à mon réveil tout ça s’est envolé.
par FFC
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Gare de Montpellier St Roch, MP3 vissé sur les oreilles, le TGV s’élance.
Je remarque un sentiment étrange, mon estomac se
noue un peu, la musique prend le pas sur ce que je ressens. Un sentiment indescriptible. C’est un peu comme dans un film, sauf que le scénario n’est pas écrit. La vitesse augmente, le train
quitte la ville, et mon esprit s’abandonne face aux paysages qui défilent à 300km/heure. Demain matin, je remets ça.
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J’ai frappé. J’ai frappé toute ma rage, tout mon dégoût, tout le mal, tout mon mal dans un petit bout de liège affublé de plumes. J’ai frappé encore et encore.
Jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à presque en pleurer, a en faire voler en éclats le cordage, à en tordre le manche. J’ai frappé si fort, que mes membres auraient pu se désarticuler, ils ont
résisté. J’ai frappé à n’en plus sentir la douleur de mon bras, de mon cerveau. J’ai frappé face à mon partenaire de court, et il a joué le jeu. Pour faire fuir le mal, mon mal, j’ai frappé
encore et encore.
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Aujourd’hui, impossible pour moi de bosser. Physiquement présente, mon cerveau, lui, était resté je ne sais trop où. J’ai
les yeux comme le temps, humides. Retenir un sanglot toutes les 3 minutes. Sans raisons apparentes, ou si plutôt pour de multiples raisons, la pression au boulot que je supporte plus, ma relation
que je remets sans cesse en question, les vieux souvenirs.
Des tonnes de mails tombent sur ma boite pro. J’ai envie de faire un copier/coller pour leur répondre à tous :
« J’en ai rien a foutre de vos problème, démmerdez-vous ! ». Je ne suis là pour personne, même pas pour moi ! Alors lâchez-moi.
Qu’est-ce qui peut bien se passer ? Je n’arrête pas de me dire que 30 ans c’est trop jeune pour se taper une
dépression, je ne fais que trébucher, il ne faut surtout pas que je tombe, je ne tomberai pas.
Mais toute cette pression, elle s’arrêtera quand ? Dites-moi que la SNCF va faire grève pendant mille ans et que je ne
monterai plus en réunions… Dites-le moi.
par FFC
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Elle vient d’appeler. Elle passe me voir dans l’après-midi… Il n’était donc pas la peine de l’appeler au secours. Elle vient de son propre gré. Il ne me reste plus
qu’à me bouger pour ne pas lui montrer l’état de mon délabrement mental et matériel (à la vue de mon appart’). Il me reste quelques heures pour réunir mes forces, ranger, me doucher, manger et
devenir présentable… Il ne se passera rien, je n’irai pas jusque là, je le sais… J’en avais juste besoin.
Mais pourquoi ai-je aussi toujours besoin d'une dernière cigarette avant de m'y mettre ?
par FFC
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